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La Presse Affaires - Saturday, October 7th 2006
MICHEL GIRARD - Les hedge funds (fonds de
couverture) ont mauvaise
réputation. On leur reproche d’être
trop risqués, trop spéculatifs. Et
cette perception négative ne changera pas à
court terme avec… la récente débâcle
d’Amaranth.
Ce hedge fund vient de faire perdre 6
milliards US à ses investisseurs
institutionnels et ce, en spéculant sur le
marche du gaz naturel.
Qu’est-ce qu’un hedge fund? C’est un
fonds qui mise sur des stratégies de vente à
découvert (vendre des titres empruntés dans
le but de les racheter à moindre prix);
d’arbitrage entre divers actifs (actions,
options, indices, etc.); de négociation de
produits dérivés (contrats à terme, options);
de gestion alternative (gestion différente
d’un portefeuille classique d’actions,
d’obligations). Au 31 décembre dernier, la
Caisse de dépôt et de placement du Québec
détenait un placement d’une valeur de 77,3
millions de dollars dans Amaranth
International. Bien que la Caisse refuse de
dire à combien s’élèvent ses pertes, les
déboires d’Amaranth risquent cependant de
nous faire plus de peur que de mal. Ce
placement ne représente qu’a peine 2% des
3,9 milliards que la Caisse détenait dans son
portefeuille de fonds de couverture à la fin
de l’an denier.
Il n’existe à l’heure actuelle quelque 9000
hedge funds, dont la valeur globale dépasse
les 1200 milliards US. Mais pourquoi les
gestionnaires des caisses de retraite, des
fonds communs et autres portefeuilles
institutionnels investissent-ils tant d’argent
dans les fonds de couverture? Pourtant,
Amaranth n’est pas le premier à connaitre
des déboires. Vous souvenez-vous de la
faillite de Long Term Capital Management
(LTCM), en 1998? Cette retentissante faillite
avait forcé la Réserve fédérale (Fed) à
baisser ses taux d’intérêt pour empêcher un
effet domino sur les marches financiers.
Pourquoi, à titre d’exemple, Teachers’, le
régime de retraite des enseignants de
l’Ontario qui, en passant, est l’un des plus
performants au monde (17.5% en 2005),
investit-il encore plus d’argent (6,2
milliards) que la Caisse de dépôt dans les
fonds de couverture? Tout simplement en
vue d’obtenir une meilleure performance
que… ce que rapporterait une stratégie
strictement axée sur les placements
traditionnels, telles les actions et les
obligations.
Étant donne le montant astronomique des
actifs que les caisses de retraite doivent
gérer, elles doivent investir une partie des
actifs dans des véhicules de placement qui
ne sont pas en corrélation directe avec les
obligations et les actions.
En agissant ainsi, les caisses de retraite se
trouvent même à opter pour des stratégies
qui sont, malgré leurs apparences
spéculatives, fondamentalement défensives
dans divers secteurs. Des fonds de
couverture, il en existe dans une panoplie de
secteurs : pétrole, gal naturel devises, taux
d’intérêt, obligations, matières premières,
stratégies d’arbitrage, etc.
En termes de performance, les
investisseurs institutionnels ont-ils eu raison
d’injecter une partie de leurs actifs dans ces
produits?
Au cours de la période allant de 1987
(l’année du krach) à 2005, l’indice américain
Hennessee Hedge Fund a obtenu un
rendement annuel moyen de 13,7%. Pendant
cette période de 19 ans, le TSE 300 de la
Bourse de Toronto a affiche un rendement
moyen de 8,06% et le baromètre de la
Bourse de New York, le Dow Jones, un
rendement de 9,55% par année. Pour sa part,
l’indice S&P 500 a affiche un rendement de
11,6% par année. L’indice des fonds de
couverture a par ailleurs battu d’aplomb
l’indice hautement spéculatif du NASDAQ
(10,2% l’an) et l’indice conservateur des
obligations américaines, le Lehman Bond
Index, dont le rendement a progresse au
rythme annuel de 7,52%.
Le commun des investisseurs peut lui aussi
investir dans des hedge funds.
II doit le faire par l’entremise des fonds
communs de placement. La liste comporte
287 noms.
J’en ai sélectionné cinq, qui ont réussi à
vraiment bien tirer leur épingle du jeu de la
spéculation lors des trois dernières années.
Les voici; chacun étant suivi du rendement
annuel compose pour la période de trois ans,
terminée le 31 août dernier :
- Adaly Opportunity A: 22,2%
- Goodwood Fund A : 20,1%
- Hillsdale Canadian Long/Short A : 19,5%
- Sprott Hedge Fund LP: 25,1%
- Vertex Fund A : 24,4%
Dans la niche des fonds de couverture, on
retrouve également les CPG (certificats de
placement garanti) gestion active, dont le
principal atout est la protection du capital.
Chez Desjardins, l’épargne a terme liée a la
gestion active de stratégies dites alternatives
a rapporte un rendement annualisé de 4,35%
a 4,81% au cours des cinq dernières années.
À la Banque Nationale, les émissions de
CPG gestion active effectuées en 2001, 2002
et 2003 s’en tirent jusqu’à présent avec un
rendement similaire à celui de Desjardins.
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